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Accident entre une cycliste et un camion survenu sur le rond-point Louise

Soumis par andredubus le
Question à Monsieur Pascal Smet, Ministre de la mobilité et des Travaux publics

M. André du Bus.- Je lirai avec beaucoup d'intérêt les éléments relatifs à la sécurité des cyclistes que vous venez d'évoquer.

La dernière fois que je vous ai interpellé, précisément le 24 avril de cette année, c'était sur l'aménagement du rond-point de l'avenue Louise. Je vous signalais que les aménagements avaient été démontés et que cela posait de réels problèmes de sécurité.

Vous m'aviez répondu que vous alliez vous renseigner, voire vous rendre sur place pour évaluer la situation.

Je suis au regret de devoir intervenir à nouveau alors qu'aucune mesure concrète n'a été prise, qui aurait permis d'empêcher le drame dont question. La sécurité des cyclistes n'est toujours pas garantie sur le rondpoint de l'avenue Louise. Nous connaissons bien cet endroit. À certaines heures, il pose réellement problème.

L’absence de réaction des autorités publiques quant à la réalisation d’aménagements cyclistes met clairement en danger les vélos. Je souhaiterais donc savoir quelles mesures vous avez décidé de prendre pour sécuriser les usagers actifs.

Quels aménagements et marquages sont-ils prévus ? Pouvez-vous nous les détailler ? Dans quel délai seront-ils réalisés ?

Qu'en est-il de l’intégration du rond-point Louise dans le projet de Petite ceinture cyclable ?

La fluidité automobile est également importante, mais si nous voulons continuer d'augmenter le nombre de cyclistes pour faire de Bruxelles une ville agréable à vivre et améliorer la qualité de l’air, la sécurisation des vélos est une priorité absolue sur laquelle on ne transige pas.

[...]

De voorzitter.- De heer Smet heeft het woord.

De heer Pascal Smet, minister.- Aangezien de Adolphe Maxlaan een gemeentelijke weg is, is het gewest niet bevoegd. Ik wijs er ook op dat staatssecretaris Debaets de hoofdverantwoordelijkheid draagt voor verkeersveiligheid.

We hebben in dit verband de stad Brussel al een brief geschreven om te wijzen op de gevaarlijke situatie voor de voetgangers ten gevolge van twee rijstroken in dezelfde richting zonder verkeerslichten om over te steken. Deze brief is echter onbeantwoord gebleven.

In de huidige bevoegdheidsverdeling is de Adolphe Maxlaan een zaak van de stad Brussel. Ik ben het wel met de heer De Lille eens dat parkeerplaatsen in visgraatmotief geen goede zaak zijn, ook niet op esthetisch vlak.

De twee rijstroken op zowel de Adolphe Maxlaan als de Emile Jacqmainlaan leiden tot een overcapaciteit in en dat is eigenlijk niet langer wenselijk. We zullen dat punt aankaarten bij de stad wanneer de nieuwe burgemeester in functie treedt. We zullen ook nagaan hoe de verkeerssituatie er kan aangepast worden.

(poursuivant en français)

Concrètement, sur le rond-point Louise, je rappelle la situation. Il est vrai qu'après la fermeture du tunnel Stéphanie, nous avons été confrontés à une situation où tout le trafic a dû passer en surface. Avec le bureau externe, Technum, de concert avec deux des communes concernées, la Ville de Bruxelles et surtout SaintGilles (il y avait aussi Ixelles) et la STIB, nous avons élaboré un plan de circulation.

Nous étions convaincus et nous le sommes toujours que le rond-point Louise est un problème, vu l'existence de nombreux conflits. En effet, il y a de nombreux trams qui y passent. Mais aussi les cyclistes, les voitures qui y roulent de tous les côtés, sans oublier les piétons qui traversent. Finalement, ce rond-point est
synonyme de grand désordre et la situation y est très chaotique.

Avec la fermeture, nous avons été obligés de gérer la situation. Déjà, à l'époque, nous avions de grands débats surtout avec la Ville de Bruxelles et moins avec les communes d'Ixelles et de Saint-Gilles. Nous avons finalement trouvé un compromis avec un grand sens giratoire et une limitation des bandes sur le
carrefour.

Après la réouverture du tunnel Stéphanie, nous nous sommes dit qu'il fallait quand même veiller à la fluidité du trafic. En effet, à la Ville de Bruxelles, Els Ampe mais aussi le premier échevin, Alain Courtois, et le bourgmestre de l'époque n'avaient pas compris que notre mesure visait à fluidifier le trafic. Bien sûr, il
s'agissait aussi d'augmenter la sécurité routière pour tous les usagers, mais en même temps l'objectif était de fluidifier la circulation.

C'était l'idée de départ et non comme certains l'ont traduit par la suite pour limiter les voitures. Non, il s'agissait de réduire les bandes, d'augmenter la sécurité routière et en même temps fluidifier le trafic. Nous avons donc convenu d'une période de test de quelques mois avec un aménagement temporaire.

Cet aménagement temporaire a suscité de nombreuses critiques de la part des commerçants, pas à propos du test, mais sur l'aménagement en tant que tel. Nous avons demandé à Bruxelles Mobilité de le modifier en le verdurisant avec des bacs à fleurs, etc. Cependant, Bruxelles Mobilité n'a pas bien suivi les instructions.
L'administration a proposé un aménagement avec des pavés qui semblait définitif, alors que ce n'était pas le cas. La réglementation urbanistique autorise des aménagements provisoires pour une période de deux ans.

À cette période, c'est-à-dire en novembre et décembre, le commerce à Bruxelles avait recommencé à reprendre et le nombre de piétons avait par conséquent augmenté. La société Interparking est d'ailleurs intervenue car le flux de piétons empêchait les automobilistes de sortir du parking.

La Ville de Bruxelles a toujours refusé d'affecter des stewards ou des policiers sur place. Nous étions convaincus que la présence de stewards - compétence de la Ville de Bruxelles - ou la présence de policiers autre compétence de la Ville de Bruxelles - aurait permis de mieux régler la situation, moyennant éventuellement quelques ajustements.

Malheureusement, j'étais malade à ce moment-là mais je suis resté en contact avec le ministre-président.
Nous avons pris la décision de retirer cet aménagement et de réévaluer la situation après six mois. Depuis lors, j'ai reçu l'évaluation de l'administration quant à l'impact des trois aménagements : avant la fermeture du tunnel, pendant l'aménagement temporaire et la situation actuelle. Je n'ai pas encore transmis cette évaluation
au gouvernement.

En même temps, nous avons finalement obtenu l'évaluation de la zone de police, ce qui était très compliqué.

Nous attendons encore leur dernier rapport sur l'accident. Pour l'instant, nous ignorons si l'aménagement auparavant installé à cet endroit aurait empêché l'accident. Apparemment - mais j'attends le rapport définitif , il s'agit plutôt d'un accident dû à l'angle mort, ce qui peut arriver partout. Ça a d'ailleurs failli m'arriver ce
matin, et pourtant je suis attentif.

Cela ne veut pas dire qu'on ne doit rien faire. Mon intention est la suivante : nous avons maintenant l'évaluation de l'administration sur l’impact de la fluidité, la note de base et l'avis de la police, dont nous attendons le deuxième rapport ; sur cette base, je vais présenter au gouvernement un projet d'aménagement adapté du rond-point Louise qui prenne en considération la sécurité routière, mais aussi la fluidité, qui était le point de départ, car personne ne gagne à ce que tout soit bloqué.

Je pense qu'il est possible de proposer un projet adapté. Les plans sont en cours de préparation. J'espère en disposer cette semaine pour informer très rapidement le gouvernement et pouvoir donner ordre d’adapter la situation.

De toute façon, il ne faut pas oublier que le Plan Vélo de la Petite ceinture ne comprend pas le tronçon entre la Porte de Namur et la Porte Louise pour la simple raison qu'une équipe d'architectes a été désignée pour dessiner les plans de réaménagement complet de façade à façade entre la Porte de Namur et la Porte Louise
qui intégreront bien entendu une piste cyclable.

Les plans existants prévoient déjà une piste cyclable jusqu'au rond-point. Il faut évidemment connecter les deux. De plus, la possibilité d'inclure le réaménagement du rond-point a été prévue dans le contrat avec l'architecte. Une fois que le gouvernement aura décidé de sécuriser le rond-point, ce qu'il fera, je l'espère, avant les vacances parlementaires, l'idée est que les architectes puissent ajouter ces éléments aux définitions du projet. À ce moment-là, les architectes pourront établir la connexion entre la piste cyclable qu'ils doivent dessiner entre la Porte de Namur et la Porte Louise, et le rond-point.

Actuellement, il est impossible de dessiner une piste cyclable en raison de la présence de trois bandes. Cela suppose en effet de supprimer une bande. Cette décision exige de pouvoir disposer de l'évaluation et de la proposition, qui en est encore au stade de l'élaboration.

Les associations de cyclistes se sont exprimées à ce sujet. Quand la piste cyclable était distincte, certains cyclistes n'étaient pas d'accord. En effet, d'aucuns estimaient que la circulation devait être libre sur le rondpoint. Personnellement, je suis convaincu qu'il faut séparer les deux flux.

Les évaluations sont presque terminées. Les plans sont actuellement examinés et je les soumettrai au gouvernement avant l'été. Je regrette bien entendu l'accident qui est survenu. Enfin, j'insiste sur le fait que la sécurisation des pistes cyclables exigera une tout autre attitude au niveau communal. Nous perdons beaucoup
de temps.

À la commune d'Uccle, par exemple, l'échevin s'est réjoui en affirmant qu'il avait réussi à arrêter le ministre Smet dans son projet de créer une piste cyclable sur la chaussée d'Alsemberg.

(Remarques de M. Pinxteren)

L'avenue Franklin Roosevelt est un autre exemple. Les travaux d'aménagement y commenceront au mois d'août.

J'espère qu'au niveau communal, nous ne serons plus confrontés au double langage. Nous perdons beaucoup de temps en concertations.

Il va de soi qu'une fois le dossier prêt, je publierai l'évaluation. La note au gouvernement sera publique.

M. le président.- La parole est à M. Pinxteren.

M. Arnaud Pinxteren (Ecolo).- Merci, M. le ministre, pour vos réponses. Évidemment, le risque zéro n'existe pas et, malheureusement, nous devrons encore déplorer des accidents impliquant des cyclistes et des piétons, parfois même des voitures. C'est une réalité avec laquelle il faut vivre, mais les autorités publiques doivent tout mettre en œuvre pour protéger au maximum les usagers les plus exposés. Nous sommes tout à fait d'accord sur ce point.

J'essaie de comprendre votre réponse, qui contient beaucoup d'informations. Nous avons eu trois évaluations : avant, pendant et après la fermeture du tunnel. Nous aurons deux rapports de police, sur l'accident et sur l'aménagement. Il y aura donc cinq documents. Et, sur cette base-là, vous allez faire une proposition qui s'intégrera dans le réaménagement entre la Porte de Namur et la Porte Louise.

Par contre, vous n'avez pas expliqué pourquoi cet aménagement temporaire avait été retiré. À part le fait que les commerçants ne le trouvaient pas joli, ou qu'il donnait l'impression d'être définitif, je n'ai pas compris pour quelle raison il avait été retiré.

M. le président.- La parole est à M. Smet.

M. Pascal Smet, ministre.- Cet aménagement avait causé une sorte d'hystérie collective. La chaîne de télévision RTL-TVI a même fait un reportage sur les pauvres automobilistes qui étaient restés coincés deux heures sans boire dans le parking, tout cela à cause de l'aménagement à la Porte Louise décidé par moi-même
et Bruxelles Mobilité qui avions voulu bloquer le trafic.

Voilà le genre de propos qui étaient soutenus par des élus à la Ville de Bruxelles et par des commerçants. Ce n'était pas le cas de tous, car un grand nombre de personnes m'ont dit que l'aménagement temporaire améliorait la situation.

À cause de cette hystérie médiatique, il n'y a plus eu de place pour la nuance. Comme, en outre, je n'étais pas présent, certains y ont vu une opportunité. Vu la combinaison de tous ces éléments, cet aménagement a été retiré. Et nous avons annoncé que nous allions évaluer la situation.

Je suis convaincu que, si la Ville de Bruxelles avait placé des stewards ou des policiers, cela aurait réglé le problème en deux semaines. Il aurait peut-être fallu aussi régler les feux ou ajouter une bande. Mais le gouvernement a pris cette décision à cause de la pression médiatique. Maintenant, nous devons corriger la
situation pour la sécurité des usagers faibles, mais aussi pour la fluidité du trafic.

M. Arnaud Pinxteren (Ecolo).- Qu'il y ait des conflits entre usagers ou entre Ville et Région, je peux l'entendre. Le problème est que ces conflits font des victimes, comme ici, en l'occurrence. Attendons l'analyse de la police.

Nous pourrions faire le lien entre la forte pression médiatique et la suppression du dispositif, mais cela fait une belle jambe à cette personne, qui est encore à l’hôpital ! Dans certains domaines, la Région peut résister aux communes et leur imposer certaines choses.

On a cependant l'impression que les choses vont toujours dans le même sens quand il s'agit de la Ville de Bruxelles. Peut-être que la situation va désormais quelque peu changer, mais quand la Ville demande des bus, un certain type d'installation ou d'autres choses, tout se plie et le gouvernement s'exécute. C'est également ce qu'il s'est passé en l'espèce. C'est étonnant.

Qu'il y ait de la pression médiatique à un moment, c’est naturel et d'ailleurs valable dans une série de dossiers. Mais à un moment, une ligne, un objectif, un Plan régional de mobilité et la nécessité d'un nouveau partage de l'espace public doivent prévaloir. Il est surtout essentiel de sécuriser la vie des usagers actifs.

En termes de pyramide des priorités, je vous invite à faire en sorte que ce Plan régional de mobilité que nous demandons depuis un moment et sur lequel vous travaillez ne puisse plus être contesté par les communes. Vous avez le pouvoir de le faire ! Vous n'êtes pas obligé de vous soumettre à l'avis des communes, que je
sache.

Nous avons procédé à une réforme institutionnelle intrabruxelloise pour donner plus de pouvoir à la Région en la matière. Je vous invite donc à vous en saisir, pour faire en sorte que notre ville soit plus sûre et plus mobile.

M. le président.- La parole est à M. du Bus de Warnaffe.

M. André du Bus.- Vous êtes-vous rendu sur place ?

M. Pascal Smet, ministre.- Oui, je connais très bien cet endroit. Je vais régulièrement à des cours de gym dans le quartier !

M. André du Bus.- Il se pose sans doute un problème méthodologique. Vous avez décidé d'un projet, suivi d'une évaluation. Or, vous modifiez le dispositif avant que son évaluation n'ait été réalisée. Il s'agit d'une réaction émotionnelle face aux médias et au comité de quartier.

Je sais ce qu'est la politique et ce que sont les jeux d'influence, mais une rigueur méthodologique s'impose. Je plaide pour que nous tirions les leçons de ce malheureux incident et que le principe de la méthodologie et de l'évaluation soit appliqué aux projets et aux phases de recherche.

Je consulterai avec intérêt les évaluations dont vous disposez.

M. Pascal Smet, ministre.- Je vais tout vous transmettre. Je suis d'accord avec vous, mais je vais illustrer le problème en évoquant Koekelberg.

Nous y réalisons actuellement un test, que je n'ai pas demandé. Les demandes émanent de tous les partis, et pas uniquement du vôtre. Tout le monde se plaint. Je me suis donc rendu sur place. Dans cette Région, tout devient très compliqué. Dès que dix électeurs se plaignent, surgissent tout à coup dix élus pour se plaindre
également ! Parfois, lorsqu'il y a trop de proximité, cela paralyse les projets.