Rien ne bouge. Rien ! Alors qu’une résolution a recueilli l’unanimité au Sénat en mars 2014, que toutes les Déclarations de Politique Générale ont spécifié, tous niveaux de pouvoir confondus, noir sur blanc, que les situations de crise des personnes en situation de Double Diagnostic devaient faire l’objet de réponse appropriée, que le Conseil Supérieur de la Santé a publié une recommandation visant à créer des lits adaptés en milieu hospitalier – et à Bruxelles plus spécifiquement -, que le plan transversal autisme en fait une de ses priorités, que la Ministre fédérale de la santé avait débloqué en 2016 un budget de 4,14M° pour financer ces réponse (c’est du moins ce que l’on croyait)...
Bref, alors que tout le monde s’accorde pour vouloir ouvrir une vingtaine de lits hospitaliers à Bruxelles pour accueillir ces personnes en crise, le cabinet de la Ministre fédérale de la santé continue à estimer que les Unités Mobiles d’Intervention sont suffisamment outillées pour répondre à ces crises. Et c’est totalement faux. Interrogez les familles, les médecins, les centres d’hébergement tout comme les centres de jours qui accueillent ces personnes. Une crise aiguë, c’est une explosion de violence que le patient retourne contre lui même, par de l’automutilation, par l’absorption de produits ou d’objets dangereux, par des comportements sociaux profondément inadaptés. Quelques rares unités hospitalières, en Wallonie et en Flandre, ont développé un accueil spécifique parfaitement adapté. Mais sur fonds propres. Aucun soutien officiel. Et toujours rien à Bruxelles. Résultats ? Ces patients finissent par atterrir dans des unités psychiatriques totalement inadaptées, et y végètent durant un an minimum, souvent beaucoup plus. Avec un coût humain, social et sociétal disproportionné. Alors que le financement de quelques lits spécifiques permettrait d’offrir des réponses pertinentes et d’accélérer le retour du patient dans son milieu de vie.
Combien de temps faudra-t-il encore s’indigner ?