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Face aux enjeux du radicalisme, la promotion de la santé a-t-elle un mot à dire ?

Soumis par andredubus le

« La France est en état de guerre ». Face à l’horreur des attentats à répétition, les titres se disputent à qui mieux mieux les envolées radicales, parfois aux relents belliqueux. Face à la peur, le réflexe sécuritaire est légitime. Mais est-il fondé, et, surtout, est-il suffisant ? Des voix commencent à poindre, et pas des moindres lorsqu’elles proviennent d’experts internationaux de la lutte contre le radicalisme, dénonçant les discours qui réduisent les enjeux à un conflit religieux ou idéologique, démontrant avant tout les comportements déviants des terroristes, et promouvant une société davantage inclusive. On sait par ailleurs que les profils des terroristes sont variés, ils répondent chacun à des modes de recrutement adaptés. Plusieurs approches tentent d’expliquer ces phénomènes, dont celle des déterminants sociaux. Ce qui nous ramène à la promotion de la santé.

La lecture des premières pages du nouveau décret organisant la promotion de la santé à Bruxelles, décret voté en juin dernier, pointe comme priorité la lutte contre les inégalités sociales de santé. Plus précisément les inégalités entre hommes et femmes, les inégalités entre catégories socioprofessionnelles et les inégalités entre territoires. Autant d’inégalités considérées comme évitables car relevant de déterminants socialement -j’ajoute « et culturellement »- construits. Les fiches santé réalisées par l’Observatoire du Social et de la Santé sont à cet égard très éclairantes. La réduction de ces inégalités sociales de santé relève aussi de la réduction des fractures sociales. Où l’éducation, la culture, l’accès au logement et à l’emploi sont autant à investir que le dialogue et le travail sur les représentations mentales.

La Charte de Bangkok plaidait pour que la promotion de la santé, plaçant la santé comme ressource de la vie quotidienne, soit reconnue comme approche internationale pour faire face aux défis du XXIème siècle. C’était en 2005, avant l’avènement de Daesh, mais après le 11 septembre 2001, date préfigurant le terrorisme actuel. Aujourd’hui, si une société davantage inclusive représente une des réponses structurelles crédibles à la menace du terrorisme, la promotion de la santé a une place à prendre, parmi d’autres acteurs. Ne nous méprenons pas, un problème complexe requière des solutions complexes et variées, et un regard toujours en alerte, et nuancé.