Question à Monsieur Jean-Claude Marcourt, Ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et des Médias
André du Bus. - Monsieur le Ministre, ce 1er mars a eu lieu un colloque organisé par le Conseil Supérieur de la Santé relatif à la question du « double diagnostic ».
Pour rappel, les personnes dites en situation de « double diagnostic » sont des personnes souffrant à la fois d’un handicap mental et d’une maladie mentale avec troubles du comportement.
On le conçoit aisément, leur prise en charge n’est pas simple et nécessite des compétences particulières.
La Ministre de la Santé, Maggie De Block a récemment dégagé de nouveaux moyens. Ceux-ci permettront aux hôpitaux d’engager du personnel spécialisé pour assurer l’encadrement thérapeutique nécessaire.
Globalement, il est primordial de sensibiliser les acteurs de la santé, médicaux et paramédicaux, à cette réalité, trop souvent méconnue.
A cet égard, la formation initiale et continue des acteurs est essentielle, tant pour le dépistage que pour l’accompagnement et la gestion des personnes concernées. Lors du colloque de ce 1er mars, plusieurs acteurs ont fait le constat d’un manque de formation quant à cet enjeu.
Lors d'un contact informel en commission du 8 mars vous m'avez fait comprendre que vous n'aviez pas encore reçu les recommandations de l'ARES à ce propos.
Mes questions sont donc les suivantes.
Qu’existe-t-il actuellement dans la formation des acteurs de la santé afin de les conscientiser à cette problématique ?
Comment pourriez-vous envisager de renforcer cet aspect de la formation dans les cursus existants ?
L’ARES a formulé plusieurs recommandations, dont la mise en place de 10 journées de formation de 8h pour les professionnels, avec intervention de personnes de terrain. Avez-vous déjà reçu ce rapport ? Avez-vous prévu un suivi de ces recommandations ? Que prévoyez-vous afin de les rencontrer ?
D’avance, Monsieur le Ministre, je vous remercie pour vos réponses.
Monsieur Jean-Claude Marcourt, Ministre. - Le Conseil Supérieur de la Santé (Service Public Fédéral Santé Publique) a contacté l’Académie de Recherche et d’Enseignement supérieur (ARES) dans le cadre de la présentation de son avis n°9203 de décembre 2015 concernant les « Besoins en matière de Double Diagnostic (déficience intellectuelle et problèmes de santé mentale : troubles du comportement et/ou troubles psychiatriques) en Belgique ».
Le Conseil Supérieur de la Santé comptait en effet présenter cet avis le 1er mars 2016 aux différents secteurs et professionnels concernés par les recommandations et souhaitait, à cette occasion, permettre aux différentes autorités compétentes de venir présenter les dernières mesures prises ou planifiées concernant ce groupe cible.
Dans ce projet d’avis figuraient diverses recommandations relatives la formation initiale et continue des professionnels (médecins, psychologues, ergothérapeutes, infirmiers, éducateurs, etc.) quant à la problématique du double diagnostic. Le Conseil Supérieur de la Santé a donc souhaité inviter des représentants du secteur éducatif afin de connaitre leur avis sur les recommandations formulées et sur la manière dont elles pourraient être mises en œuvre.
Le 12 janvier 2016, le Conseil Supérieur de la santé a demandé si l’ARES accepterait d’intervenir à ce sujet lors de cette matinée. L’objectif était d’informer au mieux l’audience (administrations, autorités publiques, professionnels dans le domaine et représentants des patients et des familles) sur les actions qui pourraient être mises en place, et ainsi faire le lien entre les nombreuses recommandations de l’avis et leur application sur le terrain.
Lors de sa séance du 26 février 2016, le Conseil d’administration de l’ARES a décidé de proposer la participation de cinq experts issus tant des universités que des hautes écoles.
Il me semble opportun que ces experts soient conviés aux réflexions globales sur le double diagnostic, sa prise en charge et le renforcement éventuel de la formation offerte aux étudiants.
Considérant ses missions d’expertise et d’avis, il est logique que ce soit l’ARES qui ait été associée à ces réflexions. Je l’interrogerai quant aux éventuelles recommandations qu’elle tirerait comme conclusions de ses échanges avec le Conseil supérieur de la Santé et les participants au colloque.
A ce jour, l’ARES n’a pas encore pris d’avis officiel sur ce sujet.