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Adoption du plan de prévention triennal de la maltraitance 2018-2020

Soumis par andredubus le
Question à Monsieur Rachid Madrane, ministre de l'Aide à la jeunesse

M. André du Bus. – La maltraitance infantile est bien entendu un sujet grave. Les chiffres de 2016 font apparaître que les services d’aide à la jeunesse (SAJ) sont intervenus auprès de 6384 jeunes, principalement des enfants, pour des faits de maltraitance, majoritairement intrafamiliale. Comme vous le savez, nous sommes particulièrement attentifs au suivi ambulatoire donné aux familles concernées. Conscient de la gravité de cette situation, Monsieur le Ministre, vous avez récemment fait adopter par le gouvernement un plan de prévention triennal de la maltraitance infantile. Ce plan est construit sur deux axes. Le premier concerne la formation des intervenants et le second porte sur l’information et la sensibilisation des enfants et du grand public. De quels intervenants s’agit-il? Dès lors que l’on parle de l’enfance, il y a en effet de multiples intervenants potentiels, allant des services de l’ONE aux instituteurs maternels, à l’encadrement des mouvements de jeunesse ou encore à l’encadrement sportif. Une réflexion avec les différentes administrations a sans doute été menée. Par ailleurs, quels sont les outils prévus pour assurer cette formation? Comment la sensibilisation des enfants et du grand public sera-t-elle assurée, avec quel type de supports et de partenaires? J’imagine que le programme «Yapaka», qui a déjà fait ses preuves, est associé à cette réflexion. Pouvez-vous nous donner des éléments plus factuels quant à la déclinaison opérationnelle de ce plan d’action?

M. Rachid Madrane, ministre.– Avant tout, permettez-moi de vous dire qu’il me sera difficile de répondre ici en détail à l’ensemble de vos questionnements, qui sont tout à fait légitimes. Le plan final de prévention de la maltraitance vous sera communiqué dans les tout prochains jours par le secrétariat de la commission de l’Aide à la jeunesse. Le 5 septembre dernier, le gouvernement a donc approuvé le plan triennal 2018-2020 de prévention de la maltraitance. Le plan a été élaboré par un comité de projet relevant de la coordination de la prévention de la maltraitance, mieux connu, vous l’avez rappelé, sous le nom de Yapaka, en articulation avec les différents départements chargés de cette matière en Fédération Wallonie-Bruxelles, comme bien sûr, l’aide à la jeunesse, les services de la petite enfance, de la jeunesse, des acteurs de l’enseignement, des maisons de justice et du sport. Nous sommes, comme vous, très attachés aux notions de transversalité et d’intersectorialité, qui permettent d’apporter une plus grande cohérence aux actions menées avec les professionnels du secteur et le grand public, qu’il s’agisse des adultes, des ados, des préados, des parents, avec ou sans enfant, bref, tous ceux que ciblent nos actions de sensibilisation. Parmi les éléments fondamentaux qui sous-tendent le plan, je citerai en premier lieu, c’est important, la bienveillance à l’égard des parents que nous sommes amenés à rencontrer. Viennent ensuite une politique d’aide fondée sur la solidarité, la création d’une véritable politique intersectorielle, comme précisé plus haut, et la volonté de ne pas faire porter par les enfants le poids de la prévention. Quant au budget, chaque secteur dispose bien sûr de sa propre enveloppe. Parallèlement, une enveloppe spécifique d’un montant de 190000euros est dévolue à la formation et à la prévention. Tel est le budget dont dispose le programme «Yapaka». Vous pourrez donc, Monsieur le Député, lire en détail ce premier plan de prévention de la maltraitance, dont il m’est difficile de préciser ici tous les objectifs. Je vous en ai brossé un tableau succinct et me tiens à votre disposition pour vous donner davantage de précisions à l’occasion d’une future question.

M. André du Bus. – Je lirai avec grand intérêt le document qui nous sera transmis par vos services, Monsieur le Président. Nous serons particulièrement attentifs à la déclinaison et à la réalisation des différentes étapes de ce plan. Nous attachons également une grande importance aux procédures d’évaluation qui, je l’espère, sont prévues.