Question à Monsieur Pascal Smet, ministre de la mobilité
M. André du Bus.- Je vous ai déjà interrogé il y a quelques mois à propos du covoiturage. Je ne vais pas rappeler ici les bienfaits de cette pratique que, j'ose espérer, nous partageons tous.
J'avais alors passé en revue les différentes dispositions à développer pour favoriser le covoiturage. Je voudrais revenir sur l'évolution des dispositifs que nous avions évoqués et plus particulièrement les outils de communication entre usagers.
Lors de ma précédente interpellation, vous indiquiez que l'application wallonne ComOn existait à Bruxelles sous le nom de Carpool, en collaboration avec Taxistop, et qu'elle bénéficiait de votre soutien. II ne s'agit donc pas du même outil. Or, je pense que l'on gagnerait en visibilité en ayant le moins d'applications de covoiturage différentes possible. À cet égard, vous ajoutiez que vous étiez en discussion avec les autres Régions.
Je voulais donc savoir si ces discussions évoluent vers une intégration complète des différentes applications avec un même nom et une ergonomie identique ? Toujours concernant les outils de communication entre usagers, vous indiquiez attendre avec impatience la proposition de Brussels Enterprises Commerce and Industry (BECI), de la Fédération des entreprises de Belgique (FEB), du Vlaams Netwerk van Ondernemingen (VOKA) et de l'Union wallonne des entreprises (UWE) afin de créer une autre application qui permettrait de mettre en contact les personnes habitant et travaillant dans une même zone. Leur avez-vous proposé d'intégrer une application déjà mise en place afin de ne pas multiplier inutilement les applications poursuivant le même objectif ?
Où en êtes-vous dans les discussions avec la Flandre à propos d'une bande de circulation affectée au covoiturage ? Vous indiquiez, en réponse à ma précédente interpellation, vouloir la convaincre : où en êtes-vous ? Est-elle à présent convaincue ? Par ailleurs, pour quand peut-on attendre la mise en place de cette bande de circulation sur le territoire de la Région bruxelloise ?
Enfin, je désire revenir sur le développement des parkings réservés au covoiturage. Ils jouent également un rôle important. Où en êtes-vous à ce propos ? Combien d'emplacements de parking et de zones réservées au chargement et au déchargement des passagers ont-ils été mis en place depuis le début de la législature ? Des partenariats avec les communes et les grandes enseignes pourraient être particulièrement intéressants en la matière. Avez-vous eu des contacts avec ces dernières à cet égard ?
M. le président.- La parole est à M. Smet.
M. Pascal Smet, ministre.- Les applications Carpool et ComOn forment bel et bien un même outil. De ce fait, chaque utilisateur possède un seul et même profil et mot de passe et accède à la même base de données de covoiturage. Avec Taxistop, nous sommes bien conscients que l'application peut être perfectionnée. Nous y travaillons et nous présenterons prochainement les améliorations que nous apportons ensemble à cette application.
Concernant la "high occupancy vehicule lane" (voie réservée aux véhicules à occupation multiple) en Flandre, aucun avancement n'est à noter en ce moment. Contrairement à son homologue wallon, le ministre Weyts n'est pas favorable à cette idée. Pour la taxe kilométrique, c'est exactement l'inverse : la Wallonie y est opposée et la Flandre y est favorable. Nous avons encore du chemin à parcourir !
Le ministre Weyts a par contre récemment indiqué qu'il augmenterait considérablement le nombre de parkings autour des gares et points stratégiques pour favoriser le covoiturage en Flandre dans les prochaines années. Je me réjouis de cette nouvelle positive, conséquence des pourparlers que nous avons menés.
En ce qui concerne les bandes réservées au covoiturage, nous devons poursuivre les discussions. Par exemple, pour le chantier du tunnel Léopold II, nous n'avons pas pu créer une bande de covoiturage, pour diverses raisons. Tout d'abord, elle compliquerait le contrôle mené par la police. En outre, 23% des conducteurs ont déjà un passager dans leur véhicule. Si ce chiffre passe à 30%, les bus, les ambulances et les pompiers se retrouveront également coincés sur cette bande. Nous comptions le faire, mais au final, cette option s'est donc révélée être une fausse bonne idée.
Nous avons encore des progrès à accomplir, mais un dialogue s'est instauré entre les ministres de la Mobilité.
Un plan interfédéral sur les objectifs en matière de mobilité est par ailleurs en train d'être élaboré par les trois Régions et l'État fédéral. Dans ce cadre également, nous allons remettre sur la table l'idée du covoiturage, mais nous avons besoin de plus de temps. En effet, une Région n'est pas d'accord à cet égard.
Je pense pour ma part qu'il faut encourager le covoiturage à l'avenir, mais qu'il faut aussi introduire un système de trafic intelligent, idée rejetée par la Wallonie. Je vois les choses évoluer en ce sens dans les années qui viennent.
M. le président.- La parole est à M. du Bus de Warnaffe.
M. André du Bus.- On en est tous conscients.
M. Pascal Smet, ministre.- J'observe un changement dans les mentalités.
M. André du Bus.- L'idée de réserver une bande de circulation au covoiturage à Bruxelles sera donc abandonnée ?
M. Pascal Smet, ministre.- Je n'ai jamais vraiment plaidé pour cette solution. Un tel système est imaginable en Flandre et en Wallonie, mais à Bruxelles, il est préférable de travailler sur le prix du stationnement. Il n'est pas réaliste d'ouvrir des bandes de circulation au covoiturage dans la capitale, ne fût-ce que parce qu'il faut l'accord des communes. Or, elles sont déjà opposées aux couloirs réservés au bus... Je n'ai rien abandonné du tout mais nous devons prendre le temps de réfléchir à un plan global.
M. André du Bus.- Dans le contexte actuel, il n'y a ni espace, ni volonté communale pour créer des bandes de circulation pour le covoiturage à Bruxelles. L'idée sera abandonnée.
M. Pascal Smet, ministre.- Il me paraît plus réaliste de jouer sur le prix du stationnement. Le prix doit être plus élevé pour une voiture individuelle que pour une voiture partagée.