Question à M. Rachid Madrane, ministre de l’Aide à la jeunesse, des Maisons de justice, des Sports et de la Promotion de Bruxelles, chargé de la tutelle sur la Commission communautaire française de la Région de Bruxelles-Capitale
M. André du Bus. – Monsieur le Ministre, nous avons appris par un article du journal «Le Soir» que la Fondation Roi Baudouin a accordé un montant de 80 000 euros à l’ASBL Accueil familial d’urgence (AFU). Cette question d’actualité me permet de revenir sur la politique et les enjeux de cet accueil familial particulier. Actuellement, quelque 3 500 enfants sont accueillis dans des familles en Communauté française, soit dans des formules d’urgence, soit dans des formules à court terme, entre 45 jours et neuf mois, soit à long terme, pour les séjours de plus de neuf mois. Les trois quarts de ces formules d’accueil s’opèrent de manière intrafamiliale. Le dernier quart est assuré par des familles totalement externes à la famille biologique.
Quel est le problème? Précisément, il réside dans un élément que vous connaissez bien: le manque de familles d’accueil, à tel point que vous aviez lancé, en 2015, une campagne couronnée d’un certain succès, puisqu’un certain nombre de familles se sont déclarées favorables à l’accueil de ces jeunes. Plus récemment, vous avez annoncé la création, à partir du 1 er avril 2018, de 120 prises en charge supplémentaires au sein de telles familles. Où en est-on vis-à-vis de ces 120 prises en charge, sachant qu’elles seraient, semble-t-il, réservées au long terme? Or, des réponses doivent également être apportées pour le moyen terme et l’urgence. Les opérateurs d’accueil d’urgence sont d’ailleurs en demande, car ils doivent faire face à des demandes numériquement importantes.
Fin décembre, si ma mémoire est bonne, 300 enfants étaient déclarés en attente d’une famille d’accueil. Où en sommes-nous, Monsieur le Ministre?
L’urgence doit être importante, sans quoi la Fondation Roi Baudouin n’aurait pas libéré un tel montant.
M. Rachid Madrane, ministre. – Monsieur le Député, je vous confirme que les 120 prises en charge sont bien effectives. Elles sont réparties à Bruxelles, Verviers, Liège, Luxembourg, Huy, Charleroi, Dinant et Nivelles.
Il convient de préciser que le chiffre de 300 enfants auquel vous faites référence ne concerne pas spécifiquement le nombre d’enfants en attente de famille d’accueil, mais le nombre d’enfants en attente d’un accompagnement familial. C’est un peu différent. En outre, ce chiffre est déjà en baisse: 270 enfants, ce 17 avril 2018.
Vous m’avez aussi demandé combien de familles d’accueil avaient été recrutées depuis le lancement du nouvel appel à projets. La réponse est une septantaine.
L’un ou l’autre service manque peut-être de familles d’accueil d’urgence. Je pense qu’il ne faut pas dissocier ce problème de l’ensemble de la problématique des familles d’accueil et du placement en accueil familial. C’est vrai, le nombre des familles d’accueil reste insuffisant. C’est bien la raison pour laquelle j’ai lancé cette campagne en 2015. Je voudrais aussi rappeler que j’ai créé près d’une centaine de places d’accueil d’urgence en 2017, afin de régler le problème des «bébés parqués», ce qui vient augmenter le nombre des familles d’accueil d’urgence. Les 120 prises en charge concernent le moyen et le long terme.
Nous avons constaté que plus la question des familles d’accueil était médiatisée, plus le nombre de candidats accueillants augmentait. Ce constat a été confirmé par plusieurs services que j’interrogeais à ce sujet. Il est donc nécessaire de continuer à médiatiser la question de l’accueil familial et nous nous y attelons au maximum.
M. André du Bus. – Nous pouvons vous faire confiance, Monsieur le Ministre, sur la capacité de médiatisation de ce sujet particulier. C’est d’ailleurs une bonne chose.