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Réajustement des formations dispensées aux conseillers musulmans par l’Exécutif des musulmans de Belgique (EMB)

Soumis par andredubus le
Question à Monsieur Rachid Madrane, ministre de l'Aide à la Jeunesse

M. André du Bus.– Monsieur le Ministre, je vous ai interrogé au mois de décembre dernier sur la réaction dans la presse de plusieurs conseillers musulmans travaillant au sein des institutions publiques de protection de la jeunesse (IPPJ). Ils se disaient insatisfaits de l’organisation et du contenu du cycle de formations obligatoire en droit pénal, psychologie et communication, dispensé en 2016 et 2017 par l’Exécutif des musulmans de Belgique (EMB). Ils évoquaient le manque de connaissance du secteur des IPPJ, le peu de réponses apportées à leurs questions, etc.

Donner les outils adéquats à ces personnes dont la mission est d’apporter une assistance morale et religieuse aux détenus et aux jeunes placés en IPPJ est primordial.

En effet, pour mener à bien leurs missions et face aux enjeux que constituent la déradicalisation et la réinsertion, ces professionnels doivent améliorer leurs connaissances des réalités auxquelles font face ces jeunes et développent de nouvelles technique s de dialogue, ce qui passe par des formations continues et de qualité.

À l’époque, vous nous avez rassurés en nous informant qu’une rencontre avec le président de l’Exécutif des musulmans de Belgique était organisée à la fin de décembre, afin, selon vos termes, «de le sensibiliser à la spécificité du secteur des IPPJ et au rôle concret de leurs conseillers musulmans ». Cet entretien était également l’occasion pour vous de lui transmettre nos différentes questions.

Monsieur le Ministre, pouvez-vous me confirmer si cette réunion a bien eu lieu? Si oui, quels sont les constats et les décisions qui en sont ressortis? L’offre et le déroulement des formations seront-ils réajustés à l’avenir afin, notamment, de les adapter et de répondre aux réalités de terrain?

L’EMB envisage-t-il d’organiser cette année d’autres séminaires ou cycles de formation destinés aux conseillers musulmans et auxquels le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles est associé ? Enfin, ce cycle d’une durée de quatre mois résultait d’une collaboration entre l’EMB, la vice-présidence du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, le ministre chargé de l’Enseignement supérieur et la ministre de l’Égalité des chances et de la Promotion sociale.

Vous êtes-vous entretenu dernièrement avec legouvernement à ce sujet? Quelles sont les pistes de solutions envisagées pour l’avenir?

M. Rachid Madrane, ministre.– Monsieur le Député, j’ai rencontré le président de l’EMB et ses collaborateurs le 22 décembre 2017. Cette rencontre a été l’occasion de lever des malentendus et de sensibiliser l’EMB à la spécificité du secteur des IPPJ, au rôle que remplissent les conseillers musulmans au sein de ces dernières et à l’appui essentiel qu’ils apportent aux équipes institutionnelles dans le travail mené en faveur des jeunes pris en charge pour des faits liés à des phénomènes de radicalisme.

Ces informations permettront d’envisager l’adaptation des prochaines formations et, surtout, de préciser le public auquel s’adresse chaque formation. Les formations auxquelles participaient les conseillers musulmans semblaient ne pas leur être spécialement destinées, ce qui expliquerait certains sentiments d’inadéquation. Quoi qu’il en soit, j’ai expressément souhaité que les échanges d’avis aient lieu d’abord entre parties, dans un objectif unique d’amélioration des formations, au bénéfice de tous, et que chacun soit respecté dans sa fonction.

Je n’ai pas connaissance, à l’heure actuelle, de l’organisation par l’EMB d’un nouveau cycle de formations en 2018. En tout état de cause, les conseillers musulmans des IPPJ continuent à bénéficier, comme l’ensemble des intervenants du secteur, de formations continuées organisées par mon administration, ainsi que de formations ciblées sur les diverses problématiques rencontrées par les jeunes qu’ils sont amenés à aider.

M. André du Bus. – Monsieur le Ministre, garder un contact avec les représentants de l’EMB est important afin de faire régulièrement le point sur la question majeure de la prévention et de la déradicalisation des jeunes. Cette communication sera bénéfique pour les responsables de l’EMB et de l’aide à la jeunesse et rendra notre action plus performante dans ce domaine.