Question de M. André du Bus de Warnaffe à M. Rachid Madrane, ministre de l’Aide à la jeunesse, des Maisons de justice, des Sports et de la Promotion de Bruxelles
M. André du Bus. – Le sujet revient sur la table de cette commission depuis plus d’un an, raison pour laquelle je souhaiterais qu’un bref état des lieux de la situation actuelle et des actions entreprises soit dressé. Je sais, Monsieur le Ministre, que vous faites preuve d’un réel intérêt pour ces enfants, adolescents ou jeunes adultes qui soutiennent quotidiennement une mère, un père, une sœur ou un frère en situation de dépendance ou de difficulté mentale ou physique. Leurs tâches quotidiennes, qui vont du repassage à la préparation des médications, peuvent avoir des effets néfastes sur leur propre santé mentale et physique, mais également faire naître un sentiment de responsabilité ou un état de stress et de fatigue pouvant finalement les conduire à passer à côté de leur jeunesse, voire à écarter tout avenir professionnel digne de ce nom. Vous annonciez en réunion de commission du 19 avril 2016 que des concertations interréseaux étaient progressivement mises en place pour soutenir ces jeunes. Vous visiez notamment la création d’une politique conjointe entre le monde de l’enseignement et celui de l’aide à la jeunesse, ainsi qu’un protocole de collaboration avec le secteur du handicap.
Qu’en est-il de ces concertations? Fonctionnent-elles avec succès? Des rencontres ont-elles été organisées? Comment se sont-elles déroulées? Aussi, une des solutions en amont pour ces familles ne serait-elle pas, par exemple, de faciliter leur recours aux services d’aide à domicile afin de décharger ces jeunes? Pour ce faire, ne faudrait-il pas établir une concertation avec l’État fédéral? Ensuite, une étude approfondie avait débuté en 2016 afin de quantifier le nombre de jeunes concernés par le phénomène et d’évaluer leurs besoins. Disposez-vous des résultats? Dans la négative, quelle est l’échéance, sachant que la dernière étude réalisée date de 2013? Enfin, lors des réunions de commission du 19 avril et du 25 octobre 2016, vous nous indiquiez votre souhait de créer dans chaque division ou arrondissement, au travers du futur décretcode, des instances rassemblant les représentants des différents secteurs, dans le but de multiplier les lieux de réflexion et de systématiser davantage les concertations. Maintenant que l’avant-projet de décret a été transmis au Conseil d’État pour avis, pouvez-vous nous confirmer que ces instances y figurent bien et nous indiquer les secteurs concernés?
M. André Flahaut, ministre du Budget, de la Fonction publique et de la Simplification administrative. – Les pistes de solution à toute une série de problématiques, dont celle des difficultés des jeunes aidants proches, doivent être apportées dans une optique préventive et de manière intersectorielle. Les lieux de concertation et d’action conjointe cités à l’époque sont bel et bien sur pied et investis par les acteurs. Par exemple, le dispositif prévu par le décret, qui définit des politiques conjointes entre l’enseignement et l’aide à la jeunesse, se traduit par une multitude de lieux de rencontre, de l’échelon local au niveau global. Ils sont d’ailleurs recensés sur le site Internet créé à cet effet. En ce qui concerne le futur, je vous confirme également que le projet de code relatif à la prévention, à l’aide et à la protection de la jeunesse pré- voit bien la création d’instances intersectorielles dédiées à la prévention, en lieu et place des actuels Conseils d’arrondissement de l’Aide à la jeunesse (CAAJ). Ces instances rassembleront les acteurs susceptibles de pouvoir agir sur l’environnement global. Il ne s’agit pas de multiplier les lieux de discussion, mais bien de définir des politiques coordonnées afin d’agir en amont sur les conditions défavorables, plutôt que sur les difficultés individuelles qu’elles peuvent entraîner. Il conviendra, en fonction des préoccupations, de mettre en place un dispositif de concertation formalisé sur la question des aidants proches. Quant à l’étude quantitative à laquelle vous faites référence, l’administration de l’Aide à la jeunesse n’y est nullement associée. Je ne peux dès lors pas vous communiquer d’informations complémentaires.
M. André du Bus. – Je remercie le ministre Flahaut de m’avoir fait part de cette réponse. Je consulterai donc le site Internet pour en savoir plus sur l’ensemble des éléments qui concrétisent la volonté d’établissement de protocoles de concertation. Quant à l’étude quantifiable, il est vrai que le secteur de l’Aide à la jeunesse n’est pas à la manœuvre, en tant que tel, mais j’imaginais difficilement qu’il ne soit pas impliqué d’une façon ou d’une autre. Je suivrai ce dossier avec les autres ministres qui ont ces compétences dans leurs attributions.