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La hêtraie cathédrale suite à l'inscription d'une partie de la forêt de Soignes au patrimoine mondial de l'Unesco

Soumis par andredubus le
Question à Monsieur Rudi Vervoort, Ministre-Président de la Région de Bruxelles-Capitale

M. André du Bus.- La forêt de Soignes était aussi un sujet cher à Barbara d'Ursel-de Lobkowicz. Le bouquet qui a été mis sur son banc est plein de délicatesse et d'émotion. C'est un très beau geste. Vendredi dernier s'est clôturée la session du Comité de protection du patrimoine mondial de l'Unesco, avec la décision de retenir la Forêt de Soignes sur la liste de sauvegarde du patrimoine de l'humanité. En cela, nous avons des raisons de nous réjouir, puisqu'il y a exactement sept ans, en
juillet 2010, nous votions ici la première résolution sur ce sujet.

J'attire cependant votre attention sur le fait qu'une des motivations de la résolution portait précisément sur la protection et le maintien de la hêtraie cathédrale. Il s'agit de la partie principale de la Forêt de Soignes, qui est un élément quasi unique au monde. C'est motivés par ce caractère exceptionnel que nous avions déposé cette résolution. L'une des particularités de la décision de l'Unesco, donnant suite par là à la volonté des services des trois Régions, dont le vôtre, est de classer non pas l'ensemble de la Forêt de Soignes, mais trois parcelles. Celles-ci sont des réserves forestières naturelles faisant référence aux forêts primaires, où le hêtre était déjà une espèce remarquable pendant l'ère post-glaciaire.

Les parcelles inscrites au patrimoine de l'Unesco n'englobent pas la hêtraie cathédrale. Par contre, tout ce qui entoure ces parcelles, donc l'ensemble de la forêt de Soignes - et par conséquent la hêtraie cathédrale - fait partie de ce que l'Unesco appelle la "zone tampon". Et cette zone doit bénéficier d'une protection également.
Quel sera l'avenir de cette hêtraie cathédrale ? Quelles décisions seront-elles prises dans le cadre du contrat de gestion et du contrat de structure avec les deux autres Régions pour préserver au mieux cette hêtraie cathédrale, et dans quelles proportions, question primordiale relayée par les associations ?

M. le président.- La parole est à M. Vervoort.

M. Rudi Vervoort, ministre-président.- Je réponds aussi au nom de Mme Fremault, qui exerce également la compétence de l'Environnement. Cela ne vous aura pas échappé.

M. André du Bus.- Cela ne m'a pas échappé.

M. Rudi Vervoort, ministre-président.- Il s'agit ici d'un paysage unique lié à la Forêt de Soignes et dont la dimension culturelle nous a tous rassemblés autour de la nécessité de le préserver. Ce patrimoine est menacé en raison du changement climatique. En effet, le changement climatique a un impact avéré sur le hêtre en Forêt de Soignes. Cela a été démontré par une étude réalisée en 2015.

Cette étude de la faculté Gembloux Agro-Bio Tech de l'Université de Liège montre que le hêtre ne se maintiendrait, à l'avenir, que dans les fonds de vallons. Néanmoins, en raison de l'importance de ce paysage, il est nécessaire de prendre toutes les mesures utiles - même si ce n'est pas une réussite absolue - qui visent à préserver les hêtres concernés. C'est le message qui nous a été envoyé. Nous devons maintenant définir un échantillon, qui peut être très large, suffisamment représentatif de cette hêtraie cathédrale, afin de la préserver.

Actuellement, une série de discussions sont en cours quant au périmètre à définir. Une fois qu'il sera défini par l'ensemble des pouvoirs intéressés, nous déciderons, normalement au mois de septembre, d'une mise à l'enquête publique quant à la définition du périmètre que nous entendons concrètement protéger. Tous les moyens disponibles seront alors mis en œuvre, en sachant que le périmètre qui aura été défini sera celui présentant le plus de chances de subsister à long terme.

En effet, il nous faut nous projeter dans l'avenir et cette mesure ne vise pas le court terme. Nous ne sommes pas dans le domaine politique et parlons donc clairement de mesures à long terme !

Au début de 2018 normalement, une fois le périmètre sélectionné, nous entamerons l'enquête publique en vue de le fixer.

M. le président.- La parole est à M. du Bus de Warnaffe.

M. André du Bus.- Si je comprends bien, on se retrouve en septembre ou en octobre, puisque les décisions seront prises avec les administrations à ce moment-là pour définir le périmètre et la proportion de la hêtraie cathédrale qui sera préservée.

M. Rudi Vervoort, ministre-président.- Tout à fait.

(Applaudissements sur les bancs de la majorité)