Cela fait quelques semaines, quelques mois, que tourne mon radar, à la recherche d'une nouvelle intéressante, une info qui ait un brin de souffle, une news qui transcende un temps soit peu cet horizon sociétal au ciel particulièrement bas, une rencontre qui pourrait fournir de nouvelles raisons d'espérer. Car ce n'est pas d'espérance que déborde notre corne d'abondance... Plongez un instant dans les réseaux sociaux, ces nouveaux miroirs de notre environnement social, vous y découvrirez le triste florilège des messages marquant le rejet de l'autre et le repli identitaire, les deux faces d'une même pièce, celle de la désespérance. Au rang des sujets les plus prisés figure l'immigration tout comme l'islamophobie qui, si nous n'y prenons garde, deviendra une norme, un gage de respectabilité ! Fournissant de nouveaux arguments à ces jeunes tentés d'un aller simple pour la Syrie, avant de revenir un jour, ceinturés des projets les plus sinistres. A moins qu’ils n’optent pour les formules plus rapides du camion faucheur ou, qui sait bientôt, des véhicules piégés ou autres sordides modes opératoires issus d’une créativité débridée.
Face à cette réalité, mon propos n'est pas d'ânonner un discours de raison teinté de la générosité de circonstances. Chacun connaît le dicton « Qui veut faire l'ange fait la bête ». C'est d'actions concrètes, ancrées dans l'actualité, efficaces et porteuses de sens dont nous avons besoin pour retrouver le plaisir de vivre ensemble. En acceptant les limites du réflexe sécuritaire, sans solution structurelle à la clé. Qui croit encore qu’il y aura assez de militaires pour surveiller chaque coin de rue, chaque trottoir ? Les réponses crédibles et à long terme résident ailleurs. Dans un service de renseignements performant certes, mais aussi et surtout dans l’éducation et dans la culture, ces deux domaines qui créent les conditions d’émergence d’esprits nouveaux, les sources d’inspiration d’hommes et de femmes qui réfléchissent au sens à donner à leur indignation, quitte à oser sortir des sentiers battus.
L'autre jour, j'ai cru percevoir une petite éclaircie. Oumar, responsable de Synergie 14 -un (petit) centre pour Mineurs Étrangers Non Accompagnés (MENA)-, partageait l'expérience d'une dizaine d'années d’accueil de ces jeunes dont Fédasil ne sait plus à quel saint vouer leur cas. Oh ce n'est pas le coup de baguette magique qui va essuyer des torrents de frustrations. Mais le sens du mot juste, celui qui parvient à canaliser la violence rampante de quelques jeunes déjà naufragés du voyage, séparés de leur famille, en deuil de leurs amis perdus. Et les aider à retrouver d’abord confiance en eux.
Autre lueur d’espoir, celle fournie par Hichram, ce jeune professeur de religion islamique qui, conscient des résistances à l’homosexualité dans sa communauté, décide de mettre en scène sous forme de plaidoiries deux groupes au sein de sa classe, les uns sensés condamner l’homosexualité chez les jeunes, les autres la respecter. Tollé de l’inspection qui, sous couvert de trop longue durée de préparation de l’activité, intime l’ordre d’arrêter illico le projet. Réactions de la part des élèves, opposés à l’homosexualité mais rangés, pour l’exercice, dans le camp de ceux sensés la défendre et la respecter : Monsieur, si nous ne restons pas favorables à l’homosexualité, nous ne la condamnerons plus car le travail déjà entamé nous amène à porter un autre regard sur cette réalité.
Les raisons d’espérer existent donc bel et bien. C’est à nous d’ouvrir les yeux, d’en repérer les multiples acteurs, où qu’ils soient et aussi modestes soient-ils, c’est à nous de les soutenir, à notre manière, aussi modeste soit-elle.
A la veille de notre fête nationale, je souhaite que vos vacances vous offrent de nouvelles raisons d’espérer.
André du Bus
Voici, au terme de cette session 2015-2016, le traditionnel inventaire de mes interventions parlementaires, cliquer ici pour y accéder.
Commentaires
Tu te prends pour le Roi Philippe en faisant un discours pour le 21 juillet.
Moi je pense qu'il n'y a pas plus ou moins d'espérance et que cela n'a rien à voir avec ceux qui ont la possibilité et décident de partir en vacances.
Tant qu'il y a vie, il y a espérance. Et tant qu'il y aura vie, il y aura des atrocités que nous avons difficile à comprendre avec notre logique.
Même si des vies sont détruites, phénomène qui a toujours existé depuis que l'homme qui a été créé libre existe que cela soit par des guerres où par des fanatiques ...
Espérons que les vacances ne soit pas un repli égoïste sur soi même où souvent il n'y a plus de place pour le spirituel mais un temps de réflexion !