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Mise sous tutelle des universités turques

Soumis par andredubus le
Question à M. Jean-Claude Marcourt, vice-président et ministre de l’Enseignement supérieur, des Médias et de la Recherche scientifique

M. André du Bus. – L’actualité internationale du côté de la Turquie se caractérise par une inflation outrancière – je crois que le mot est faible – de procès et d’incarcérations. Nous avons récemment appris que quatre universitaires font l’objet d’un procès. Le crime qui leur est reproché est d’avoir cosigné une pétition, signée par plus de deux mille personnes, plaidant pour une solution pacifique aux tensions et aux problèmes que connaissent les régions du sud-est de la Turquie. Ils sont incriminés d’insulte à la nation turque. Cet événement illustre la répression que vivent une grande partie de la communauté scientifique et de la communauté universitaire. À ce jour, dix-neuf universités ont été fermées, quatre cents étudiants ont été arrêtés, 2 312 universitaires ont été écartés et des milliers de personnes travaillant au sein des universités ont perdu leur emploi. Cette situation est plus qu’interpellante. La communauté scientifique et universitaire internationale en a appelé à ce que les universités européennes ouvrent des chaires d’accueil destinées précisément à accueillir une série d’universitaires turcs. Des initiatives de ce type ont-elles été prises par des universités de la Fédération Wallonie-Bruxelles? L’ARES, qui a une compétence en matière de relations internationales, joue-t-elle un rôle à cet égard? Face à cette situation, je crois qu’on ne peut pas rester sans réagir d’une façon ou d’une autre. L’indifférence ne serait pas acceptable.

M. Jean-Claude Marcourt, vice-président et ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et des Médias. – Ce qui se passe aujourd’hui en Turquie à l’égard de la communauté scientifique ne peut être accepté. Les recteurs francophones ont d’ailleurs vivement condamné les actes posés à l’encontre de leurs collègues turcs. Le 21 octobre, l’ARES examinera la situation de manière approfondie. J’observe une grande solidarité de toute la communauté scientifique. La liberté de chercher et la liberté de penser sont absolues. Le délit d’opinion ne peut être sanctionné. Nous avons les plus vives inquiétudes sur l’aveuglement avec lequel le gouvernement en place gère un certain nombre de cas. En tant que ministre de l’Enseignement supé- rieur et de la Recherche, je tiens à dire qu’il faut absolument protéger le droit de chacun de s’opposer à tout régime. C’est le principe même de notre démocratie. C’est le principe même de la démocratie voulue par Atatürk lors de la mise en place de la République turque. Je soutiendrai donc personnellement toute initiative qui permettra à des étudiants turcs ou à des universitaires turcs de venir chez nous et d’y exprimer leur talent.

M. André du Bus. – Je vous remercie, Monsieur le Ministre, pour cette réponse claire et encourageante qui engage l’ensemble du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles en faveur des initiatives qui seront prises par les universités dans le domaine de l’accueil. Je pense que nous devons aller plus loin et envisager une représentation de la réalité politique de la Fédération Wallonie-Bruxelles, lors du procès de ces jeunes qui se tiendra le 22 décembre en Turquie.