Question à M. Jean-Claude Marcourt, vice-président, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et des Médias
M. André du Bus. – Un récent article du journal «Le Soir» a rapporté que la Belgique francophone souffrait depuis des années d’une pénurie d’interprètes en langue des signes. Cette information nous était déjà connue puisque nous avions eu l’occasion d’en débattre à plusieurs reprises au sein de notre commission. En effet, le nombre estimé de personnes ayant besoin d’un soutien en langue des signes en Fédération Wallonie-Bruxelles est proche de 25 000. Or, il y a six ans, la Fédération Wallonie-Bruxelles disposait uniquement de dix interprètes pour tout le territoire. Cette pénurie s’expliquait notamment par un manque cruel de formations.
Depuis lors, l’offre de formations a nettement évolué. En septembre 2014, l’Université de Saint-Louis a lancé un nouveau bachelier en langue des signes. Cette année, les étudiants sont donc arrivés en troisième année du bachelier, ils ont pu partir en Erasmus et ils entameront leur master à l’Université catholique de Louvain (UCL) l’an prochain. En septembre 2016, l’Université de Liège (ULg) a d’ailleurs aussi ouvert un bachelier en langue des signes.
Selon mes informations, le nombre d’inscrits dans ces différentes formations est plutôt satisfaisant. En septembre 2016, l’Université de Saint-Louis comptait plus d’une vingtaine d’inscrits en première année de bachelier; au même moment, l’ULg, qui venait à peine de lancer le bachelier, en comptait cinq. En troisième bachelier, les étudiants sont entre sept et dix. Ces chiffres sont rassurants, étant donné que cette offre de formation est récente.
Si le dossier évolue plus ou moins favorablement au niveau de l’offre de formation, il n’en reste pas moins vrai que la demande d’interprètes reste forte. Il me paraît donc nécessaire de faire le point sur la situation. Monsieur le Ministre, confirmez-vous ces chiffres? Considérez-vous que l’offre de formation soit suffisamment visible et promue pour attirer un maximum d’étudiants? Quel état des lieux dressez-vous de ces formations? Serait-il pertinent de prendre de nouvelles initiatives pour encourager davantage les étudiants à entreprendre ces formations?
M. André du Bus. – Ces éléments d’information précis démontrent que l’initiative prise il y a quelques années répond largement à un besoin.
Il est vrai que nous venons de loin. Je me souviens encore des débats que nous avons eus lors de la précédente législature et qui faisaient référence à une initiative conjointe entre l’Université de Lille et un institut de promotion sociale près de Tournai. Ce dernier dispensait des formations en cours du soir.
Le développement des formations a pris une allure satisfaisante. Il nous reste encore néanmoins à assurer la promotion de cette formation. Même si elle est sur les rails, elle reste encore embryonnaire et le monde étudiant n’est pas encore conscient de l’existence de cette nouvelle offre de formation.