Question à à Madame Marie-Martine Schyns, ministre de l’Éducation
M. André du Bus. – Un colloque se tient en ce moment même à l’Université libre de Bruxelles (ULB). Il est consacré à la situation des jeunes aidants proches, et plus particulièrement aux résultats d’une recherche commandée par la ministre Fremault sur le pourcentage de jeunes concernés.
Pour mémoire, les jeunes aidants proches sont ces jeunes qui prennent en charge un proche, un père, une mère, un frère, une sœur, et lui prodiguent des soins et une aide pendant plusieurs heures par jour. Il y a unanimité pour dire que cette situation engendre auprès de ces jeunes de la négligence de soi, un sentiment d’isolement et, sur le plan de la scolarité, de réelles difficultés scolaires.
La question était de savoir quel pourcentage de jeunes est concerné. Sur la base des hypothèses et des recherches menées ailleurs – notamment en au Royaume-Uni –, on estimait qu’entre 8 et 10 % de ces jeunes étaient concernés. Or, selon la recherche menée en Région bruxelloise auprès de 1 400 élèves issus de 6 écoles – tous niveaux confondus –, 14 % des jeunes sont touchés par ce phénomène! En d’autres termes, aujourd’hui, un élève sur sept est dans une situation d’aidant proche, ce qui est profondément interpellant.
Madame la Ministre, quelles initiatives pouvez-vous prendre à l’égard de ces jeunes qui, dans leur majorité, ne demandent aucune aide spécifique, du moins explicitement?
Mme Marie-Martine Schyns, Ministre de l’Éducation - Un rapport comprenant cinq pistes à suivre doit m’être rendu dans le courant du mois de novembre. Il fera état de la situation chez nous (l’enquête commanditée par ma collègue servira certainement à cette analyse). Il proposera également des outils pour permettre aux enseignants d’identifier ce type de jeunes ainsi que des outils de sensibilisation pour prendre conscience des difficultés rencontrées par ces jeunes. Enfin, il fera état des stratégies qui peuvent être développées par l’ensemble de l’équipe éducative pour soutenir ces jeunes.
Le dernier point consiste à voir s’il n’y a pas des possibilités d’aménagements. Des aménagements raisonnables existent et sont prévus pour des élèves à besoins spécifiques. Selon moi, cela relève du même enjeu et, aujourd’hui, l’intérêt de votre question, du travail de votre ASBL et de l’enquête de Mme Fremault, est aussi de mettre cette problématique en lumière. En effet, je pense que peu d’acteurs en ont conscience dans le monde scolaire.
Bien entendu, certains enseignants se sont déjà retrouvés face à des élèves dans cette situation. Mais, cette situation étant rarement évoquée, et compte tenu du nombre important d’acteurs gravitant autour de l’école, il est difficile d’identifier le problème et déterminer comment un enseignant peut soutenir le jeune. Ce rapport nous sera donc bien utile. Le groupe de travail s’est déjà réuni trois fois. Une dernière réunion aura lieu ce vendredi.
M. André du Bus. – Il ressort des témoignages que j’ai entendus que la plupart de ces jeunes ne souhaitent pas être identifiés comme tels par leur compagnon. En tout état de cause, il faut donc préserver le respect de la vie privée. Une piste intéressante proposait également d’assouplir les horaires de remise des travaux et des examens. Bien souvent en effet, ils arrivent en retard et on en devine les raisons.
Commentaires
Je ne peux parler que de ma petite expérience. Depuis des années, je suis délégué des parents pour la classe de mon fils au collège St-Michel. Il a actuellement 13 ans (2e humanités). L'organisation de "soupers" de parents/élèves permet aux parents de se connaître et de s'apprécier et, lorsqu'un problème touche un élève, une solidarité peut se mettre en place. Les professeurs (en tout cas le titulaire) participant à ces "soupers" de classe, la communication s'en trouve facilitée et le professeur n'est plus seul à gérer les problèmes qui pourrait rencontrer l'un ou l'autre élève.
Ce n'est qu'une expérience et elle a ses limites: elle dépend de la volonté des parents à participer à ces soupers et à la vie de l'école.
En réponse à par d'Ursel Olivier (non vérifié)
C'est effectivement en créant des occasions de rencontres qu'on donne aux gens des occasions de se connaître et de pouvoir éventuellement faire part de leurs difficultés, mais dans les cas les plus lourds, ni les jeunes ni les parents ne participent à ces activités...
Une idée qui m'est venue en entendant le témoignage de certains jeunes : les démarches administratives sont parfois lourdes et difficiles. Comment pouvoir, dans une commune, alléger et soutenir les jeunes qui doivent faire ces démarches ? Etterbeek est régulièrement pilote en matière d'aidants proches ... avoir un guichet spécial, transversal pour eux, un ombudsman administratif capable de les orienter et de leur faciliter les démarches ??? tant au niveau communal que autres ?
Il suffirait d'avoir un(e) employé(e) ancien(ne) aidant(e) qui aurait de suite l'attitude appropriée. Les autres employés pourraient lui adresser ces jeunes. L'employé(e) en question pourrait susciter d'autres questions, parler d'autres aides possibles, reconnaître le boulot effectué par le jeune, le soutenir et l'informer. Et pour les jeunes, le fait de savoir que cette personne existe à la commune, c'est déjà avoir une forme de reconnaissance et de soutien.
Je parle par exemple d'une jeune adulte qui aurait pris sa sœur mineure en charge et qui aurait besoin de la signature de la maman démente pour obtenir un document nécessaire. La personne désignée au sein de la commune pourrait expliquer dans les termes qui conviennent ce qu'il faut faire et comment le faire...et faciliter les aspects praticos pratiques...tout en étant soutenante et reconnaissante vis-à-vis de la sœur aînée pour ce qu'elle fait. (l'exemple venait de France : les 2 soeurs vivaient à Paris et la cadette devait changer sa carte d'identité, l'aînée est allée à Toulouse pour faire signer sa mère et quand elle s'est retrouvée avec la signature de la mère au guichet à Paris l'employée lui a dit que la maman devait venir signer devant elle....)
Dans le même temps, prendre ce genre de décision au niveau du conseil permet d'attirer l'attention de tous sur l'existence de ces jeunes et les petites choses possibles à tout niveau pour les soutenir. Les témoignages des professionnels ont montré aussi que le fait de connaître la réalité de la situation de ces jeunes change complètement le regard des professionnels. Quelqu'un qui dort en classe n'est pas du tout perçu de la même manière quand on sait que c'est parce qu'il veille la nuit pour éviter qu'un proche ne fasse une bêtise...
Une idée qui m'est venue en entendant le témoignage de certains jeunes hier : les démarches administratives sont parfois lourdes et difficiles. Comment pouvoir, dans une commune, alléger et soutenir les jeunes qui doivent faire ces démarches ? Etterbeek est régulièrement pilote en matière d'aidants proches ... avoir un guichet spécial, transversal pour eux, un ombudsman administratif capable de les orienter et de leur faciliter les démarches ??? tant au niveau communal que autres ?
Il suffirait d'avoir un(e) employé(e) ancien(ne) aidant(e) qui aurait de suite l'attitude appropriée. Les autres employés pourraient lui adresser ces jeunes. L'employé(e) en question pourrait susciter d'autres questions, parler d'autres aides possibles, reconnaître le boulot effectué par le jeune, le soutenir et l'informer. Et pour les jeunes, le fait de savoir que cette personne existe à la commune, c'est déjà avoir une forme de reconnaissance et de soutien.
Je parle par exemple d'une jeune adulte qui aurait pris sa soeur mineure en charge et qui aurait besoin de la signature de la maman démente pour obtenir un document nécessaire. La personne désignée au sein de la commune pourrait expliquer dans les termes qui conviennent ce qu'il faut faire et comment le faire...et faciliter les aspects praticos pratiques...tout en étant soutenante et reconnaissante vis-à-vis de la soeur aînée pour ce qu'elle fait. (l'exemple venait de France : les 2 soeurs vivaient à Paris et la cadette devait changer sa carte d'identité, l'aînée est allée à Toulouse pour faire signer sa mère et quand elle s'est retrouvée avec la signature de la mère au guichet à Paris l'employée lui a dit que la maman devait venir signer devant elle....)
Dans le même temps, prendre ce genre de décision au niveau du conseil permet d'attirer l'attention de tous sur l'existence de ces jeunes et les petites choses possibles à tout niveau pour les soutenir. Les témoignages des professionnels ont montré aussi que le fait de connaître la réalité de la situation de ces jeunes change complètement le regard des professionnels. Quelqu'un qui dort en classe n'est pas du tout perçu de la même manière quand on sait que c'est parce qu'il veille la nuit pour éviter qu'un proche ne fasse une bêtise... Une idée qui m'est venue en entendant le témoignage de certains jeunes hier : les démarches administratives sont parfois lourdes et difficiles. Comment pouvoir, dans une commune, alléger et soutenir les jeunes qui doivent faire ces démarches ? Etterbeek est régulièrement pilote en matière d'aidants proches ... avoir un guichet spécial, transversal pour eux, un ombudsman administratif capable de les orienter et de leur faciliter les démarches ??? tant au niveau communal que autres ?
Il suffirait d'avoir un(e) employé(e) ancien(ne) aidant(e) qui aurait de suite l'attitude appropriée. Les autres employés pourraient lui adresser ces jeunes. L'employé(e) en question pourrait susciter d'autres questions, parler d'autres aides possibles, reconnaître le boulot effectué par le jeune, le soutenir et l'informer. Et pour les jeunes, le fait de savoir que cette personne existe à la commune, c'est déjà avoir une forme de reconnaissance et de soutien.
Je parle par exemple d'une jeune adulte qui aurait pris sa soeur mineure en charge et qui aurait besoin de la signature de la maman démente pour obtenir un document nécessaire. La personne désignée au sein de la commune pourrait expliquer dans les termes qui conviennent ce qu'il faut faire et comment le faire...et faciliter les aspects praticos pratiques...tout en étant soutenante et reconnaissante vis-à-vis de la soeur aînée pour ce qu'elle fait. (l'exemple venait de France : les 2 soeurs vivaient à Paris et la cadette devait changer sa carte d'identité, l'aînée est allée à Toulouse pour faire signer sa mère et quand elle s'est retrouvée avec la signature de la mère au guichet à Paris l'employée lui a dit que la maman devait venir signer devant elle....)
Dans le même temps, prendre ce genre de décision au niveau du conseil permet d'attirer l'attention de tous sur l'existence de ces jeunes et les petites choses possibles à tout niveau pour les soutenir. Les témoignages des professionnels ont montré aussi que le fait de connaître la réalité de la situation de ces jeunes change complètement le regard des professionnels. Quelqu'un qui dort en classe n'est pas du tout perçu de la même manière quand on sait que c'est parce qu'il veille la nuit pour éviter qu'un proche ne fasse une bêtise...
Bien à toi.
Merci pour vos commentaires qui alimenteront une interpellation au conseil communal d'Etterbeek de lundi prochain. Car le niveau local a aussi un rôle à jouer.