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Sensibilisation des futurs enseignants à la question des jeunes aidants proches : suivi

Soumis par andredubus le
Question à Monsieur Jean-Claude Marcourt, vice-président et ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et des Médias

M. André du Bus. – En mars dernier, je vous interpellais sur la situation des Jeunes Aidants Proches. Il s’agit de ces enfants, adolescents ou jeunes adultes qui apportent de l’aide quotidienne à une mère, un père, une sœur, un frère en situation de dépendance à la suite d’un accident, d’une maladie physique ou mentale, d’un handicap ou de consommation d’alcool ou de drogues. L’objet de ma question portait sur la nécessaire reconnaissance de cette situation par les adultes entourant ces jeunes, et plus précisément les enseignants qui peuvent jouer un rôle important face aux difficultés que connaissent ces jeunes. Les conséquences de cette charge assurée par le jeune aidant proche peuvent être en effet particulièrement lourdes et stressantes lorsque les tâches et les responsabilités qui reposent sur lui deviennent excessives. On parle ici de risque de décrochage scolaire ou de harcèlement. Je renvoie ici aux propos que nous avons échangés alors. Ce mercredi 5 octobre, s’est tenue à l’ULB une journée d’étude intitulée «Jeunes et Aidants Proches: quels partenariats construire pour soutenir les jeunes aidants proches?».

À cette occasion, les organisateurs ont fait le point sur la situation de ces jeunes en privilégiant l’approche transversale, prenant en considération les dimensions du handicap, de l’enseignement, de la santé et de l’aide à la jeunesse. Les différents exposés ont démontré toute l’importance de la reconnaissance de cette réalité par les adultes et que cette reconnaissance passe par une sensibilisation préalable. Le rôle de l’enseignant a été pointé, une fois encore, comme étant primordial. Dès lors que celui-ci a pris conscience de la situation du jeune, il peut adapter son programme et lui venir en aide de manière efficace. Je vous interrogeais à l’époque sur les possibilités d’inclure ce sujet dans la formation initiale des enseignants, vous me répondiez précisément: «Dans le cadre de la réforme de la formation initiale des enseignants, la révision de la formation des formateurs est à l’ordre du jour. Les travaux débuteront d’ici à quelques semaines. Je ne manquerai pas de relayer auprès des quatre opérateurs chargés de formuler des propositions pour la ré- forme l’importance d’intégrer dans la réflexion la problématique des jeunes aidants proches.» Avez-vous pu relayer cette problématique? Celle-ci a-t-elle été entendue et intégrée dans la réforme de la formation initiale des enseignants?

M. Jean-Claude Marcourt, vice-président et ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et des Médias. – La situation dont vous parlez doit tous nous préoccuper. Elle réclame de l’énergie et les enseignants ne sont pas toujours formés, attentifs à l’impact que cela peut avoir sur le cursus scolaire de ces jeunes. À la suite de notre dernier échange, j’ai souhaité que le GT4.0 se préoccupe de cela. Celui-ci a été soucieux de renforcer la formation des formateurs et la formation initiale des futurs enseignants. Le but étant de permettre à ceux-ci de répondre adéquatement aux besoins des élèves qui nécessitent une attention particulière de manière durable ou passagère, en ce compris les jeunes aidants proches. Nous devons aider ces enseignants à détecter les problèmes que les élèves gardent pour eux et à identifier les remèdes à y apporter. C’est une pré- occupation que je partage avec vous, malgré l’abstraction de ma réponse. Ma collègue chargée de l’enseignement obligatoire y est également attentive.

M. André du Bus. – Monsieur le Ministre, je suis heureux d’apprendre que vous avez relayé, comme vous vous y étiez engagé, ce sujet au groupe de travail chargé de revoir la formation initiale des enseignants. Comme vous le dites, la sensibilisation des enseignants peut suffire dans la mesure où elle lui permet de détecter quelque chose chez l’élève et d’y apporter une réponse adéquate. Il n’existe pas de réponse toute faite. Toutes les situations, les sensibilités diffèrent. L’important est d’apporter une réponse appropriée, mais ceci n’est possible que si l’enseignant a conscience de ce que vit le jeune. Je sais que la plateforme Jeunes Aidants Proches a été mise sur pied et qu’elle prépare des modules de sensibilisation destinés aux différents acteurs pouvant intervenir auprès des jeunes: les éducateurs, les enseignants, les moniteurs sportifs… Il n’est peut-être pas impossible qu’à un moment, cette plateforme vous demande un soutien ou de l’aider à établir un partenariat afin de sensibiliser les enseignants.