Question à Monsieur Jean-Claude Marcourt, vice-président et ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de Médias
M. André du Bus. – À l’occasion des «Jeudis de l’Hémicycle», organisés tous les mois au Parlement bruxellois, nous avons eu l’occasion de rencontrer et d’écouter le secteur du handicap qui nous a fait part d’une série de préoccupations, relatives notamment à l’inclusion des enfants à besoins spécifiques dans l’enseignement. Plus particulièrement, la question de la formation en orthopédagogie a été longuement débattue par des enseignants et par des directeurs d’école présents.
Monsieur le Ministre, une telle formation est fondamentale afin de pouvoir accompagner les enfants qui présentent des besoins particuliers. Pourtant, cette formation n’est pas valorisée à sa juste valeur, d’après ce que nous avons entendu. Ne pourriez-vous pas envisager, dans le cadre de la réforme de la formation initiale, de valoriser davantage ces compétences particulièrement utiles au développement d’une école inclusive, celle-ci répondant précisément au décret «Inclusion» adopté ici il y a plusieurs années?
M. Jean-Claude Marcourt, ministre. – Depuis 2000, la formation initiale de tous les instituteurs et régents comprend des notions d’orthopédagogie, la détection des difficultés d’apprentissage et leur remédiation. Aucune formation de base ne prépare directement à l’enseignement spécialisé. Il existe bien une année de spécialisation en orthopédagogie, mais elle s’adresse à tous les diplômés de l’enseignement supérieur dans une orientation psychologique, paramédicale ou sociale et prépare à intervenir non seulement auprès d’enfants et d’adolescents, mais aussi auprès d’adultes et de personnes âgées en situation de handicap, quels que soient les milieux de vie, écoles ordinaires ou spécialisées, services d’accompagnement, structures d’accueil de jour, d’hébergement, de loisirs, de familles.
Dans le cadre de la réforme de la formation initiale des enseignants, l’allongement de la durée des études d’une année au moins permet d’envisager le renforcement de la formation de base des enseignants pour la prise en charge des élèves à besoins spécifiques. Il s’agira de mieux les préparer à la détection précoce de difficultés, à l’orientation éventuelle vers des services spécialisés, à l’adaptation de leur pratique aux besoins d’élèves souffrant de handicap qui sont intégrés dans l’enseignement ordinaire.
L’allongement de la durée de la formation initiale permet également d’offrir aux établissements la possibilité d’organiser une option en orthopédagogie de 15 à 30 crédits, visant plus particulièrement les étudiants désireux d’exercer au sein de l’enseignement spécialisé. Cette option aurait pour objectif l’acquisition de connaissances théoriques et de compétences pratiques plus pointues sur différents types de handicap et de difficultés. Il n’en reste pas moins qu’aujourd’hui, en Fédération Wallonie-Bruxelles, tous les titres requis et suffisants de l’enseignement fondamental et secondaire ordinaire sont valables pour l’enseignement spécialisé. Il n’existe aucun titre requis spécifique pour accéder à l’enseignement spécialisé et la formation en orthopédagogie suivie auprès d’un opérateur d’enseignement supérieur de plein exercice n’est pas valorisée.
Sur cette dernière question, je vous invite à vous adresser à ma collègue chargée de l’enseignement obligatoire, qui pourrait effectivement, à l’occasion de la réforme des titres et fonctions, valoriser cette formation complémentaire en orthopédagogie.
M. André du Bus. – Monsieur le Ministre, je vous remercie pour ces précisions relatives à la prise en considération des concepts d’orthopédagogie dans le cadre de la refonte de la formation initiale des enseignants. C’est à la fois intéressant et nécessaire. Pour le reste, comme vous l’avez suggéré, je me tournerai vers la ministre de l’Enseignement obligatoire.