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Lettre ouverte à l’Ambassadeur d’Azerbaïdjan

Soumis par andredubus le

Ce texte est paru dans La Libre Belgique du 4 avril 2017

Monsieur l’Ambassadeur,

Votre pays doit receler des contrées magnifiques, où vivent, comme dans toutes les régions du monde, des parents et des enfants qui n’aspirent qu’à une chose: la paix.
Plusieurs parmi nous n’avons plus l’occasion de les rencontrer, de voir les sourires éclairer leurs visages sur les marchés, derrière des étals colorés de légumes, fruits de récoltes non encore intensives.
Parce que nous sommes désormais recensés sur votre “Blacklist”, fichés comme indésirables dans votre pays.
Notre faute originelle? En tant que parlementaires, belges, bruxellois, flamands et wallons, avoir serré les mains de mères et de pères sur le marché de Stepanaker, la capitale du Nagorno Karabagh, aujourd’hui devenu Artsakh. Cette République autoproclamée qui, depuis 26 ans, revendique son indépendance d’avec votre pays, l’Azerbaïdjan.

Notre propos n’est pas de développer ici les enjeux de ce conflit gelé- avec toujours trop de morts chaque année aux frontières- qui résulte de la tension entre deux principes fondamentaux: le droit à l’autodétermination des peuples et celui de l’intégrité territoriale. Deux principes que nous déclinons de façon originale ici en Belgique, depuis bientôt deux cents ans, et sans victime.

Mais notre modèle n’est pas exportable, car chaque histoire recèle ses spécificités et nécessite l’élaboration de solutions originales et adaptées. Dans votre situation, un mandat a été confié au Groupe de Minsk pour formuler des pistes de solution.

Nous n’avons de leçon à donner à personne. Nous tenons seulement à rappeler ici que notre motivation première, celle qui est à la base de nos différentes visites au Nagorno Karabagh, prend sa source dans une volonté d’assurer le meilleur « Vivre ensemble » ici à Bruxelles, et en Belgique. Un « Vivre ensemble » de plus en plus malmené, fragilisé par les replis identitaires des nombreuses communautés qui ont fait le choix de s’ancrer dans nos régions et de partager nos destinées. Car oui, les tensions qui se déclinent à des milliers de kilomètres d’ici, exacerbent, antennes paraboliques obligent, les sensibilités de celles et ceux qui sont devenus nos concitoyens.

Si personne ne peut ni ne doit renier ses racines, l’avenir ne peut se construire que dans le respect de l’autre. Alors, nous voulons comprendre. Comprendre les sources de cette impossibilité de communication entre ceux qui se rangent derrière les Arméniens, d’une part et ceux qui se rangent derrière les Azéris d’autre part, malmenant ainsi le fragile équilibre du Caucase. Car nos brèves missions informelles nous ont appris une chose certaine : toutes les mères que nous avons rencontrées veulent la paix.
Elles ne veulent plus voir leurs enfants partir au front, et elles souhaitent également la paix pour les familles qualifiées d’adverses.
Tout comme la plupart des dirigeants que nous avons rencontrés.
Par ailleurs, la rencontre avec l’ONG Halo Trust, en charge du déminage d’anciennes zones de conflit, nous a permis de comprendre que les mines étaient tantôt azéries, tantôt arméniennes. Personne n’a le monopole de la vertu.
Mais nous avons découvert que le Nagorno Karabagh se nourrissait d’une démocratie ouverte, avec une opposition libre d’exprimer ses désaccords, et une presse diversifiée. Nous avons assisté à un référendum récent, au cours duquel la régularité des procédures électorales a été soumise à notre examen.

Aujourd’hui nous ne demandons qu’à rencontrer vos populations, échanger avec vos dirigeants, découvrir la beauté de votre pays et les richesses de vos institutions. Car nous sommes convaincus que si le raidissement des positions est annonciateur de fractures profondes, l’ouverture et l’échange restent les premiers vecteurs de paix.
Chez vous comme chez nous.
André du Bus, Jean-Claude Defossé, Julie de Groote, Simone Susskind, Fatoumata Sidibé, Hervé Doyen, Paul Delva, Benoît Drèze, Emmanuel De Bock, Pierre Kompany.

Commentaires

François Houtart (non vérifié)

Belle initiative !

mer, 5 Avr 2017 - 23:15 Permalien
Pascal Rustamov (non vérifié)

Il n'y a pas de république du Haut-Karabakh, c'est du fantasma arménien. Arménie occupe actuellement 20% de l'Azerbaïdjan, à savoir le Haut-Karabakh et un territoire adjacent qui est 4 fois plus grand que ce dernier. l'Arménnie a chassé 1 million d'azerbaïdjanais de ces terres occupés. Vous êtes employé par millionaire Kaspar Karampetian du EAFJD pour justifier cette agression et le nettoyage ethnique en Belgique. Et vous faites votre boulot très bien. Vos electeurs le comprendront une fois votre "amitié" avec Karampetian sera révélée. Parce que c'est Karampetian qui a payé vos voyages illégaux dans les territoires occupés (on possède d'autres informations aussi). Vous avez mobilisé les autres parlementaires belges pour y aller. On a bien compris que c'est vous qui travaillez côte-à côte avec EAFJD pour convaincre les autres politiciens à violer le droit international en s'y rendant sans accord de l'Azerbaïdjan. Mais, on est sûr que la société belge va se prononcer dûment sur vos actions contre le droit international.

mar, 24 Oct 2017 - 18:29 Permalien